Dans le plan, une courbe admet une équation générale \(F(x,y) = 0\) : penser à \(x^2 + y^2 - 1 = 0\text{,}\) où il n’est pas toujours possible d’isoler \(y\text{.}\) Dans l’espace, l’ensemble solution d’une équation de la forme \(F(x,y,z) = 0\) est une surface. Les surfaces quadriques et les cylindres sont parmi les surfaces les plus simples, après les plans. On les retrouve un peu partout (antennes, réservoirs, géolocalisation...).
La courbe \(z=x^2\) est une parabole dans le plan \(Oxz\) ; comme la variable \(y\) n’apparaît pas dans l’équation, on peut prendre cette parabole et la déplacer dans la direction des \(y\text{.}\)
Des changements de variables appropriés (rotations et translation) permettent toujours de se ramener, en minuscules \(x,y,z\) pour les nouvelles coordonnées, à l’une des deux formes suivantes :
La classification des surfaces quadriques est basée sur les signes de \(A,B,C\) et de \(D\) dans la première forme, et sur les signes de \(A,B\) dans la seconde. Notons que les traces et les sections selon les différentes directions sont des coniques (cercles, ellipses, paraboles, hyperboles), ou des droites (cas dégénérés).
La surface est un ellipsoïde, Toutes ses traces et sections sont des ellipses (des cercles si deux des trois dénominateurs coïncident). Si \(a=b=c\text{,}\) c’est une sphère de rayon \(a\) ;
Si \(A,B,C\) ne sont pas tous de même signe (disons \(A,B\) de même signe et \(C\) de signe opposé) et \(D\) de signe opposé à celui de \(C\text{,}\) on se ramène à la forme
La surface est un hyperboloïde à une nappe : une seule surface connexe, en forme de manchon. Ses traces horizontales (\(z=\text{cste}\)) sont des ellipses, et ses sections verticales (\(x=\text{cste}\) ou \(y=\text{cste}\)) sont des hyperboles.
La surface est un hyperboloïde à deux nappes : deux surfaces disjointes, l’une pour \(z \ge c\) et l’autre pour \(z \le -c\text{.}\) Ses traces horizontales sont des ellipses, mais seulement pour \(|z| \ge c\) ; ses sections verticales sont des hyperboles ;
La surface est un cône : ses traces horizontales (\(z=\text{cste} \ne 0\)) sont des ellipses, et ses sections verticales (\(x=\text{cste}\) ou \(y=\text{cste}\)) sont des hyperboles, où, dans le cas \(x=0\) ou \(y=0\) des paires de droites passant par l’origine, le sommet du cône.
La surface est un paraboloïde elliptique : ses traces horizontales (\(z=\text{cste}>0\)) sont des ellipses, et ses sections verticales (\(x=\text{cste}\) ou \(y=\text{cste}\)) sont des paraboles. On peut penser à un bol elliptique (ou rond si m \(a=b\)) ou à une antenne parabolique.
La surface est un paraboloïde hyperbolique (une « selle de cheval ») : ses traces horizontales (\(z=\text{cste}\ne 0\)) sont des hyperboles, et sa trace \(z=0\) dégénère en deux droites qui se croisent au col ; ses sections verticales sont des paraboles, tournées vers le haut dans le plan \(y=0\) et vers le bas dans le plan \(x=0\text{.}\)
Dans les équations sous forme standard ci-dessus (obtenues en l’absence de termes croisés \(XY,YZ,XZ\text{,}\) ou après les changements de variables qui les éliminent), les cylindres, cônes et paraboloïdes ne traitent pas les trois variables de façon symétrique : une seule d’entre elles apparaît au premier degré (ou est carrément absente, dans le cas d’un cylindre). On appelle axe de symétrie de la surface l’axe correspondant à cette variable. Par exemple :
le cône \(z^2=x^2+4y^2\) (variable \(z\) au deuxième degré, mais seule à apparaître avec un signe opposé aux deux autres) a aussi pour axe de symétrie l’axe des \(z\text{.}\)
Attention : malgré son nom, un axe de symétrie n’est en général pas un axe de révolution. Ce qu’on a montré ci-dessus, c’est que l’équation reste inchangée si on remplace \(x\) par \(-x\text{,}\) ou \(y\) par \(-y\) : l’axe de symétrie est l’intersection des deux plans de symétrie correspondants (par exemple, les plans \(xz\) et \(yz\) pour le paraboloïde \(z=x^2+4y^2\)). Ceci n’entraîne pas de symétrie par rotation autour de cet axe : les sections perpendiculaires à l’axe sont des ellipses (ici, dilatées d’un facteur \(2\) selon \(y\)), pas des cercles. La surface n’est donc une surface de révolution (image d’une courbe par rotation autour de l’axe) que dans le cas particulier où ces sections sont circulaires — par exemple \(z=x^2+y^2\text{,}\) mais pas \(z=x^2+4y^2\text{.}\)
De même, un ellipsoïde n’a pas d’axe de symétrie privilégié au sens ci-dessus (les trois variables jouent un rôle semblable), sauf si deux des trois demi-axes coïncident, auquel cas il devient une surface de révolution autour du troisième axe.