On donne une preuve par récurrence. Le cas de base,
\(n=1\) est trivial, et le cas
\(n=2\) est une vérification directe.
On suppose maintenant l’énoncé vrai pour les matrices dans
\(\R^{(n-1)\times(n-1)}\text{.}\) Comme le terme
\(a_{1,1}C_{1,1}\) apparaît des deux côtés de l’
égalité (✶) qu’on veut établir, et que
\(a_{1,1}\) n’apparaît dans aucun des autres termes, il suffit de considérer les autres termes des deux côtés de
(✶).
Dans le terme de droite, le
\(i^{\text{è}}\) terme est
\(a_{i,1}C_{i,1} =a_{i,1}(-1)^{1+i}\det{A_{i,1}}\text{.}\)
Le calcul de
\(\det{A_{i,1}}\) le long de la première rangée demande le calcul de
\(n-1\) déterminants de taille
\((n-1)\times(n-1)\text{.}\) On doit donc enlever, à chaque fois, une rangée et une colonne de plus à la matrice
\(A_{i,1}\text{.}\) On dénote par
\(A_{1i,1j}\) la matrice obtenue de
\(A\) en enlevant les rangées
\(1\) et
\(i\) ainsi que les colonnes
\(1\) et
\(j\text{.}\)
Le
\(j^\text{è}\) terme dans le calcul de
\(\det{A_{i,1}}\) est alors
\(a_{1,j}(-1)^{1+j-1} \det{A_{1i,1j}}\text{.}\) Ainsi, le terme qui contient
\(a_{i,1}a_{1,j}\) dans le membre de droite de
(✶) est
\begin{equation*}
a_{i,1}(-1)^{i+1}a_{1j}(-1)^{1+j-1}\det{A_{1i,1j}} = a_{i,1}a_{1,j} (-1)^{i+j+1} \det{A_{1i,1j}}\text{.}
\end{equation*}
On cherche maintenant le terme contenant
\(a_{i,1}a_{1,j}\) dans le membre de gauche de
(✶). Le facteur
\(a_{1,j}\) apparaît seulement dans le terme
\begin{equation*}
a_{1,j} C_{1,j} =a_{1,j} (-1)^{1+j}\det{A_{1,j}}\text{.}
\end{equation*}
L’hypothèse de récurrence permet de développer \(\det{A_{1,j}}\) le long de la première colonne.
Le
\(i^{\text{e}}\) terme de ce développement est
\(a_{i,1}(-1)^{(i-1)+1} \det{A_{1i,1j}}\) de sorte que le terme qui contient
\(a_{i,1}a_{1,j}\) dans le membre de gauche de
(✶) est
\begin{equation*}
a_{1,j}(-1)^{1+j} a_{i,1}(-1)^{i-1+1} \det{A_{1i,1j}} = a_{1,j}a_{i,1}(-1)^{i+j+1}\det{A_{1i,1j}}
\end{equation*}
qui est exactement le même que dans le terme de droite. Ceci permet de conclure que l’égalité
(✶) tient pour les matrices de
\(\R^{n\times n}\text{.}\)
En vertu du principe de récurrence, le résultat est vrai pour tout
\(n\text{.}\)